Un bas de contention classe 2 exerce à la cheville une pression de 15,1 à 20 mmHg, selon la classification française. C’est la compression médicale la plus prescrite : jambes lourdes qui persistent, varices, grossesse, long voyage, suites d’une sclérose. Il se choisit sur vos mesures prises le matin et se rembourse en partie sur ordonnance.
Votre ordonnance indique « classe 2 », ou « 15-20 mmHg », et la pharmacie vous propose des chaussettes, des bas-cuisse, des collants, du transparent, de l’opaque. Par où commencer ?
Par la pression, qui ne se négocie pas. Puis par la taille et la forme, qui se choisissent avec vous.
Sommaire
- C’est quoi un bas de contention classe 2 ?
- Classe 1 ou classe 2 : quelle différence ?
- À quoi sert la classe 2, et pour qui ?
- Ordonnance, prix, remboursement : comment ça marche ?
- Comment choisir son bas de contention classe 2 ?
- Comment enfiler un bas de classe 2 ?
- Peut-on le porter tous les jours, et combien de temps dure-t-il ?
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
C’est quoi un bas de contention classe 2 ?
C’est un dispositif médical tricoté qui exerce une pression dégressive : maximale à la cheville, elle diminue vers le mollet, puis vers la cuisse. En resserrant les veines dilatées, il améliore la circulation veineuse, accélère le retour du sang vers le cœur et réduit les œdèmes. Selon l’Assurance Maladie, il rend aussi la pompe musculaire du mollet plus efficace pendant la marche. Si vous découvrez la compression, notre guide général sur les bas de contention en présente les usages.
La pression se mesure à la cheville, en millimètres de mercure (mmHg). La Haute Autorité de santé (HAS) et l’Assurance Maladie répartissent les bas en quatre classes :
| Classe | Pression à la cheville | Usages habituels |
|---|---|---|
| Classe 1 | 10 à 15 mmHg | Jambes lourdes sans varices, station debout, voyage, prévention |
| Classe 2 | 15,1 à 20 mmHg | Varices installées, jambes lourdes persistantes, grossesse, voyage à risque, suites d’une sclérose |
| Classe 3 | 20,1 à 36 mmHg | Varices importantes, œdème chronique, lésions de la peau, suites d’une phlébite |
| Classe 4 | Plus de 36 mmHg | Ulcère de jambe cicatrisé ou ouvert, lymphœdème sévère |
Sur certaines boîtes, la pression figure aussi en hectopascals : la classe 2 correspond alors à environ 20 à 27 hPa.
Contention, compression, maintien : les mots de l’emballage
Contention et compression désignent ici la même chose, et l’Assurance Maladie emploie les deux. Les bas « de maintien », « anti-fatigue » ou de sport n’affichent pas de classe médicale. Pour une fatigue passagère, au sport ou en voyage court, des chaussettes de compression de confort peuvent suffire, mais elles ne remplacent pas un bas de classe 2 prescrit et ne sont pas remboursées. Au sport, le consensus international de 2018 note un usage croissant de la compression pour mieux récupérer, sans essais comparatifs pour l’appuyer à ce jour.
Une classe 2 française n’est pas une classe 2 allemande
La HAS le rappelle : à l’étranger, d’autres classifications existent. Dans les études internationales, la « classe 2 » désigne souvent 23 à 32 mmHg, selon la norme allemande, soit l’équivalent d’une classe 3 française. Certains sites belges annoncent 20 à 30 mmHg pour la même appellation.
Si vous commandez en ligne, sur un site étranger surtout, lisez la pression en mmHg plutôt que le numéro de classe. C’est elle que votre médecin prescrit : la HAS demande que l’ordonnance mentionne toujours la pression, et seulement éventuellement la classe.
Classe 1 ou classe 2 : quelle différence ?
La différence tient en 5 mmHg à la cheville, mais elle change l’indication. La classe 1 vise surtout les jambes lourdes sans varices visibles et la prévention, lors d’une station debout ou d’un voyage. La classe 2 est la première marche du traitement quand des varices sont installées ou qu’une insuffisance veineuse est confirmée.
La HAS est précise sur ce point. Aux stades C0 (des symptômes sans signe visible) et C1 (de petites varicosités de moins de 3 mm), aucune étude ne montre que la compression freine l’évolution de la maladie veineuse. À partir de varices de 3 mm ou plus, le stade C2, la compression devient le traitement de base, avec des bas de 15 à 20 ou de 20 à 36 mmHg portés au long cours.
Plus serré ne veut pas dire plus efficace
Pour soulager la lourdeur et le gonflement, une pression modérée suffit. Une méta-analyse de 11 essais, portant sur 1 453 personnes, a montré que des bas de 10 à 20 mmHg réduisaient nettement l’œdème et les symptômes par rapport à un placebo ou à l’absence de bas. Aucun des essais ne trouvait d’avantage aux bas de plus de 20 mmHg pour ces troubles.
Le consensus international de 2018 en tire une règle simple : pour soulager, choisir la pression la plus faible qui marche, ce qui aide aussi à porter ses bas tous les jours. Pour traiter la maladie veineuse elle-même, la HAS raisonne autrement. La pression à retenir est la plus forte que vous supportez, avec au moins 20 mmHg pour un œdème installé ou des lésions de la peau. C’est à votre médecin d’arbitrer entre les deux.
À quoi sert la classe 2, et pour qui ?
Jambes lourdes et varices
Pour l’Assurance Maladie, la compression est indiquée dès les premiers symptômes de varices, et elle recommande la classe 2 ou 3 au long cours, en chaussettes, bas-cuisse ou collant. Chez les personnes qui ont des troubles veineux, le bas soulage la lourdeur, la tension et le gonflement de fin de journée. Il ne fait pas disparaître une varice déjà installée : la sclérose, le laser ou la radiofréquence traitent la veine elle-même.
Station debout prolongée
Infirmières, vendeurs, coiffeurs : rester debout toute la journée fait gonfler les jambes, même sans varices. Un essai mené en Suisse auprès de 108 coiffeurs et coiffeuses l’a mesuré. Avec des bas de 15 à 20 mmHg, le score de douleur et de sensation de gonflement baissait de 12 %, et le volume du bas de la jambe de 19 millilitres en moyenne, par rapport aux journées sans bas. Le sommeil était aussi moins perturbé.
Long voyage en avion
Une revue Cochrane a réuni 12 essais et 2 918 voyageurs, sur des vols de plus de cinq heures. Sur 2 637 passagers suivis, 50 ont fait une phlébite sans symptôme : 3 portaient des bas, 47 n’en portaient pas. L’œdème diminuait aussi avec les bas, avec un niveau de preuve plus faible.
Pour un voyageur à risque (antécédent de phlébite, grossesse, chirurgie récente), le médecin prescrit souvent une classe 2. Elle ne dispense pas de bouger : levez-vous et marchez dans l’allée quand c’est possible, buvez de l’eau.
Grossesse, suites de sclérose ou de chirurgie
Pendant la grossesse, la compression est le seul traitement possible des varices, rappelle l’Assurance Maladie, et la sage-femme peut la prescrire ; le port se poursuit souvent quelques semaines après l’accouchement. Notre article sur les bas de contention pendant la grossesse détaille le choix du modèle et le moment pour commencer.
Après une sclérose ou une chirurgie des varices, la HAS indique des bas de varices, ou des bandes, pendant 4 à 6 semaines. Le consensus de 2018 limite la recommandation à la première semaine après une intervention sur la grande veine saphène : la durée exacte dépend du geste et de votre médecin.
Ordonnance, prix, remboursement : comment ça marche ?
Une compression classe 2 peut s’acheter sans ordonnance, mais elle n’est alors pas remboursée. La prescription vient de votre médecin, ou de votre sage-femme pendant la grossesse et après l’accouchement. Elle mentionne la pression en mmHg, le type de bas (chaussettes, bas-cuisse ou collant) et la durée. Avant de la rédiger, le médecin vérifie l’absence de contre-indication, en particulier une maladie des artères des jambes.
L’Assurance Maladie rembourse sur la base d’un tarif de référence, fixé pour chaque type de bas. Le prix en pharmacie le dépasse souvent, surtout pour les modèles transparents ou en fibres naturelles, et votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de la différence. À matière égale, une paire de chaussettes coûte en général moins cher qu’un bas-cuisse, et un bas-cuisse moins cher qu’un collant. Le nombre de paires remboursées chaque année est limité : demandez à votre pharmacien combien il vous en reste avant de renouveler.
Où l’acheter ? L’Assurance Maladie conseille une pharmacie qui permet d’essayer, car un bas délivré ne se retouche pas : il doit correspondre exactement à vos jambes. Les magasins d’orthopédie et les sites spécialisés vendent les mêmes classes. En ligne, vérifiez la pression en mmHg et le tableau de tailles du fabricant avant de valider.
Qui ne doit pas porter de classe 2 ?
La HAS retient quatre contre-indications absolues à la compression : une artériopathie des jambes avec un index de pression systolique inférieur à 0,6, une phlébite bleue douloureuse, une thrombose septique, et la microangiopathie diabétique évoluée au-delà de 30 mmHg. Une artériopathie modérée, une neuropathie évoluée ou un eczéma suintant demandent une surveillance régulière. Le consensus international de 2020 y ajoute l’insuffisance cardiaque sévère et la neuropathie diabétique sévère avec perte de sensibilité : même en classe 2, un diabète compliqué impose de surveiller la peau de près.
Comment choisir son bas de contention classe 2 ?
Le meilleur bas de classe 2 est celui qui correspond à vos mesures et que vous porterez tous les jours. La HAS ne trouve aucune différence d’efficacité démontrée entre chaussettes, bas-cuisse et collants : le choix se porte sur le modèle le mieux accepté. Elle précise un détail que peu de vendeurs mentionnent, la culotte d’un collant, même de maternité, ne comprime pas.
Chaussettes
Aussi appelées mi-bas, elles s’arrêtent sous le genou. Les plus simples à enfiler, souvent suffisantes quand les troubles restent sous le genou.
Bas-cuisse
Ils montent en haut de la cuisse et tiennent par une bande autofixante en silicone. Utiles quand les varices remontent au-dessus du genou.
Collant
Il couvre les deux jambes et le bassin, sans bande qui irrite la cuisse. L’enfilage demande plus d’effort.
Les chaussettes restent les plus portées, chez les femmes comme chez les hommes ; notre article sur les chaussettes de contention détaille leur usage au quotidien.
Les mesures, prises le matin
Le pharmacien relève votre pointure, votre tour de cheville et votre tour de mollet, puis la hauteur entre le sol et le haut du bas. Il le fait le matin, avant que la jambe ne gonfle. Chaque fabricant a son tableau de tailles, et un même numéro ne correspond pas d’une marque à l’autre.
| Mesure | Où la prendre | Pourquoi elle compte |
|---|---|---|
| Tour de cheville | Au plus fin, juste au-dessus des malléoles | C’est là que la pression de la classe est garantie |
| Tour de mollet | Au plus large | Il règle la décroissance de la pression |
| Hauteur de jambe | Du sol au pli du genou, ou au haut de la cuisse | Un bord trop haut se replie et fait garrot |
| Tour de cuisse | En haut de la cuisse, pour un bas ou un collant | La bande doit tenir sans serrer |
| Pointure | Pied posé à plat | Le talon doit tomber dans sa poche |
Refaites mesurer vos jambes à chaque renouvellement si votre poids a changé, ou si vous changez de marque.
Matière, transparence, pied ouvert
Toutes les compressions contiennent du polyamide et de l’élasthanne, qui donnent la pression. Certaines versions y mêlent coton, lin, laine ou microfibre, plus agréables pour les peaux qui réagissent ou par temps chaud. Le transparent reste discret sous une jupe, le semi-transparent résiste mieux aux accrocs, l’opaque couvre et tient chaud l’hiver. Un modèle à pied ouvert laisse les orteils libres, pratique en cas d’hallux valgus ou d’ongle incarné.
Femme, homme : ce qui change
Un bas de contention classe 2 pour homme exerce la même pression qu’un modèle pour femme. Les gammes féminines proposent davantage de bas-cuisse, de collants et de voiles transparents. Celles pour homme comptent surtout des chaussettes de ville, en coton ou en fil d’Écosse, qui ressemblent à des chaussettes ordinaires. Dans les deux cas, la taille se lit sur vos mesures, jamais sur votre pointure seule.
Comment enfiler un bas de classe 2 ?
Un bas de classe 2 se met sans grande difficulté avec la bonne technique. L’Assurance Maladie conseille de l’enfiler au lever, au plus tard une heure après, assis sur un siège bas, sur une peau sèche et sans crème, bagues retirées et ongles courts.
Enfiler un bas de contention en quatre gestes
Retourner
Glissez la main dans le bas jusqu’au talon, pincez-le et retournez la jambe du bas sur l’envers : seul le pied reste à l’endroit.
Chausser
Enfilez d’abord la pointe du pied, puis le talon, bien calé dans la poche prévue pour lui.
Dérouler
Remontez le tissu jusqu’à la cheville, puis le long de la jambe, par petites prises, sans tirer sur le bord.
Lisser
Mains humides ou gantées, massez de bas en haut pour répartir la maille et chasser les plis.
Si l’enfilage reste difficile, talquez vos talons, essayez un enfile-bas ou faites-vous aider pour passer la pointe du pied. Notre guide pour enfiler ses bas de contention compare les accessoires. Quand un seul bas reste trop dur à mettre, la HAS admet aussi de superposer deux bas plus légers pour atteindre la pression prescrite, sur avis de votre médecin.
Peut-on le porter tous les jours, et combien de temps dure-t-il ?
Oui, s’il vous a été prescrit : l’Assurance Maladie recommande de le porter tous les jours, du matin au soir, et de le retirer juste avant le coucher. Allongé, la pesanteur ne s’oppose plus au retour veineux. La nuit, le bas n’apporte donc en général rien, sauf consigne contraire après une intervention.
Les premiers jours, la sensation de serrage surprend souvent. Le consensus international de 2020 note qu’il faut parfois plusieurs jours pour s’y habituer. Une gêne qui persiste, une douleur ou une marque profonde signalent en revanche une taille, une longueur ou une pose à revoir.
L’été, la chaleur rend le port pénible. C’est pourtant quand les jambes gonflent le plus, souligne l’Assurance Maladie : une maille fine ou transparente, ou des fibres plus respirantes, aident à tenir.
Combien de temps dure un bas classe 2 ?
Avec un port quotidien, l’Assurance Maladie conseille de le remplacer tous les 4 à 6 mois, car les fibres perdent leur élasticité. Les signes ne trompent pas : la bande de fixation frise, la cheville devient lâche, le bas s’enfile plus facilement qu’au début.
Côté entretien, prévoyez deux paires, pour laver l’une pendant que vous portez l’autre. Lavez-les à la main à l’eau tiède, avec un savon neutre et sans adoucissant, ou en machine si la notice l’autorise. Essorez sans tordre, séchez à plat, jamais au sèche-linge ni sur un radiateur, et ne les repassez pas.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si vos jambes restent lourdes ou gonflées malgré la classe 2, si des varices apparaissent ou grossissent, ou si la peau des chevilles change de couleur. Une autre classe, plus forte, ou un écho-doppler veineux peuvent alors se discuter.
Retirez le bas et demandez un avis rapide en cas d’orteils froids, pâles ou bleutés, d’engourdissement, de douleur qui augmente ou de plaie sous le tissu. Un mollet douloureux, gonflé et chaud fait penser à une phlébite et doit être examiné le jour même.
Signalez aussi, avant toute prescription, un diabète, une maladie des artères ou une insuffisance cardiaque : ce sont les situations où la compression demande des précautions particulières. Ces conseils accompagnent votre traitement, ils ne remplacent pas l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Questions fréquentes
C’est quoi le bas de contention classe 2 ?
C’est un bas médical qui exerce à la cheville une pression de 15,1 à 20 mmHg, selon la classification française, puis une pression décroissante vers le haut de la jambe. Il aide le sang à remonter vers le cœur et réduit lourdeurs et gonflements. C’est la classe la plus prescrite, notamment en cas de varices.
Est-il bon de porter des bas de contention tous les jours ?
Oui, quand ils sont prescrits. L’Assurance Maladie conseille de les enfiler au lever et de les garder jusqu’au coucher, tous les jours, puis de les remplacer tous les 4 à 6 mois. La nuit, ils sont en général inutiles. Une douleur, un engourdissement ou des orteils froids imposent de les retirer et de consulter.
Quelle est la différence entre les bas de contention de classe 1 et 2 ?
La pression à la cheville : 10 à 15 mmHg en classe 1, 15,1 à 20 mmHg en classe 2. La classe 1 vise surtout les jambes lourdes sans varices et la prévention ; la classe 2 devient la référence quand des varices sont installées, pendant la grossesse ou pour un voyage à risque. Votre médecin choisit selon vos veines.
Quel est le meilleur bas de contention pour la classe 2 ?
Celui qui correspond à vos mesures prises le matin et que vous supporterez tous les jours. Chaussettes, bas-cuisse et collants ont la même efficacité à classe égale : choisissez selon la hauteur de vos troubles, la saison et votre facilité d’enfilage. La matière et la transparence relèvent du confort, pas de l’efficacité.
Sources
Amsler F., Blättler W. (2008). Compression therapy for occupational leg symptoms and chronic venous disorders: a meta-analysis of randomised controlled trials. European Journal of Vascular and Endovascular Surgery, 35(3), 366-372. DOI : 10.1016/j.ejvs.2007.09.021
Rabe E. et al. (2018). Indications for medical compression stockings in venous and lymphatic disorders: an evidence-based consensus statement. Phlebology, 33(3), 163-184. DOI : 10.1177/0268355516689631
Blazek C. et al. (2013). Compression hosiery for occupational leg symptoms and leg volume: a randomized crossover trial in a cohort of hairdressers. Phlebology, 28(5), 239-247. DOI : 10.1258/phleb.2011.011108
Clarke M. J. et al. (2021). Compression stockings for preventing deep vein thrombosis in airline passengers. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD004002. DOI : 10.1002/14651858.CD004002.pub4
Rabe E. et al. (2020). Risks and contraindications of medical compression treatment: a critical reappraisal. An international consensus statement. Phlebology, 35(7), 447-460. DOI : 10.1177/0268355520909066